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Christmas Record
Aimee Man
“One More Drifter In The Snow”

Christmas Record
Aimee Man
“One More Drifter In The Snow”

Chaque décembre, sur Cruel To Be Kind, je mettrai un coup de phare sur un de mes disques de Noël préférés. Parce que j’en ai parlé avec mon ami Alain de la Mata à notre récent retour de New York, c’est “One More Drifter In The Snow” de Aimee Mann qui inaugure cette série. Pour des raisons très indépendantes de ma volonté, je n’ai pas énormément écrit sur Aimee Mann, que j’apprécie depuis les albums du groupe ’Til Tuesday, et dont j’ai un gros faible pour la plupart de ceux en solo, et notamment son disque de Noël publié en 2006, que nous jouons énormément à la maison à l’approche des fêtes. Je n’ai jamais interviewé Aimee et ne l’ai pas encore vue en concert. Avoir l’opportunité de la croiser, tôt ou tard, est une des raisons qui me poussent à continuer d’écrire sur la musique, encore quelques années.

A lire ci-dessous donc, la chronique de “One More Drifter In The Snow” (présente dans “Writing On The Edge”) et, en Bonus Apparents, celles des deux albums suivants d'Aimee Mann, respectivement chroniqués pour fnac.com et Rock&Folk, en 2008 et 2013.

 

 

 

 “One More Drifter In The Snow” (2006)

Superego

 

 

Lorsqu’elle lance sa voix mate sur un passage d’accords majeur-mineur, il n’est pas facile de résister aux charmes, apparents ou secrets, d’Aimee Mann. Aussi flavescente qu’effilée, elle fait carrière avec élégance dans un monde où la trivialité est consensuelle, où les bimbettes font recette. Alors que d’autres, dont on ne se demande pas si elles sont de l’art ou des cochonnes, n’ont comme dilemme que celui de savoir avec quel string mangeable elles vont pouvoir aguicher les premiers rangs des hangars à viande où elles s’exhibent, Miss Mann dépose un joli disque de Noël, une spécialité anglo-saxonne si peu prisée par chez nous que la simple idée d’en parler émoustille. Ce serait faire injure à cette singer-songwriter d’exception que d’affirmer ici que cet album est son meilleur depuis la BO de “Magnolia”, le chef-d’œuvre de Paul Thomas Anderson qu’elle a mis en musique. Mais en publiant un disque festif et délicat comme les illustrations un peu jaunies des Noël d’antan, festif au sens noble du terme et essentiellement constitué de classiques du genre, la jeune femme réputée introvertie frappe un grand coup sur la patinoire des certitudes de ceux qui l’ont, bande d’idiots, mal étiquetée. Convaincue que là où il y a de la neige, il y a du plaisir, elle est OK pour des chants choral sur fond d’arrangements avenants à base d’instruments séchés au coin du feu. Un feeling jazzy lounge caractérise ces classiques parmi lesquels l’exceptionnellement judicieux “Whatever Happened To Christmas?” et “Christmastime”, celui de son veinard d’époux (Michael Penn). Etoile sur le sapin, “Calling On Mary” est une originale aussi dorée que le reste, qui mérite d’être reprise par d’autres, dès Noël prochain.

 

 

 “@#%&*! Smilers” (2008)

Superego

 

 

Treize chansons nouvelles pour un septième album. Deux chiffres synonymes de carrière irréprochable pour la singer-songwriter américaine qui s’affirme comme l’une des plus consistantes de sa génération. Après “The Forgotten Arm” de 2005, sorte de BO pour un film imaginaire, et “Another Drifter In The Snow” (2006), tout bonnement un des meilleurs disques de Noël jamais parus, la belle de Virginie a regroupé ses billes et ses refrains à l’intérieur de ce nouvel opus, de facture classique, mais dont des sonorités, relativement nouvelles pour elle, truffent les arrangements. Des sons d’orgue usés à la pointe du saphir, quelques synthés vintage chaleureux, des cuivres du dimanche et trois cordes de guitares étouffées par le gras du pouce permettent à “Freeway”, “Borrowing Time”, “Columbus Ave.” ou “True Believer” de tournoyer dans ces sphères qui vont si bien à Aimee dont la contribution à la BO de l’extraordinaire “Magnolia” est encore dans les bonnes oreilles. Produit par Paul Bryan (bassiste de son groupe), avec des contributions extérieures limitées (le fidèle Grant Lee Philips et sa poétesse de demi-sœur Gretchen Seichrist), “@#%&*! Smilers” s’ouvre vers une pop grand-angle qui ne deviendrait grand public que si ce dernier acceptait de se tirer vers le haut.

 

 

“Charmer” (2012)

Superego

 

 

On ne sait pas trop ce qu’Aimee Mann veut dire, dans le communiqué qui l’accompagne, lorsqu’elle prétend que son huitième album solo (en déjà vingt ans de carrière) est influencé par “la super pop des années 70 et 80”. Comme chacun sait, elles ne sont en aucun point comparables. Mais la qualité de “Charmer” est telle qu’on lui pardonne ces écarts de langage. La dizaine de chansons réunies ici, couchées sur la bande avec l’aide de son bassiste Paul Bryan, confirme tout le bien qu’on n’a jamais cessé de penser de cette ex-Chanteuse de groupe (The Snakes, ’Til Tuesday), qui a finalement viré en solitaire pour jouer dans la cour des grand(e)s. Si elles ne sont pas toutes du calibre de celles qu’Aimee a composées pour la bande originale du film de Paul Thomas Anderson “Magnolia” en 1999 (“Save Me”, au hasard…), “Charmer” (un peu Cars sur les jantes), “Labrador”, “Crazytown” ou “Gamma Ray” se laissent écouter et on s’y attache sans forcer. Rigolo avec son intro de synthé et ses accords à la Costello, “Living A Lie” est un duo détendu avec James Mercer (The Shins) que les charts américains n’ont pas boudé en single, fin 2012. Au cas où Chrissie Hynde déciderait de mettre bas les marteaux (ce n’est heureusement pas le cas), elle pourrait le faire rassurée sur sa descendance artistique puisque Aimee sonne beaucoup comme la leadeuse des Pretenders dans “Slip And Roll” (ces harmonies à la tierce…), tragique dans le bon sens. Avec sa production sobre, efficace et jamais velléitaire (pas à la mode de chez nous donc), “Charmer” s’impose comme le meilleur disque de femme rock (et folk !) depuis pas mal de temps. Ignorant ce que réserve 2013, on se dit que c’est toujours ça de pris.

 

Photo de la home-page : Sheryl Nields

Photo blouson noir : Laura Levine

 

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