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Backstage Pass
Deep Purple
Zénith de Paris
11/11/2015

Backstage Pass
Deep Purple
Zénith de Paris
11/11/2015

A en croire les grands anciens, témoins du rock lorsqu’il battait son plein — journalistes, managers, groupies, roadies – dont les plus courageux ont écrit et publié un livre de souvenirs, c’est backstage, après les concerts, que tout se passait autrefois. A l’époque des grands excès, des dérapages incontrôlés, des soupières de coke et des femmes qui n’avaient pas plus froid aux yeux qu’ailleurs, c’était the place to be.

En 2015, tout a bien changé. Généralement, backstage, à la fin d’un concert, c’est le dernier endroit où un être normalement constitué (pas un fan de rock donc…) a envie de se retrouver. De temps en temps, pour Cruel To Be Kind, j’ouvrirai un nouveau document Word, histoire de raconter ce qu’il s’est passé à la suite d’un concert. Backstage avec Deep Purple au Zénith de Paris, ce 11 novembre 2015, même si ce n’était pas gagné d’avance, ça valait le coup. D’y être.

 

 

 

Plus moche que l’arrière et le côté de la scène du Zénith, tu meurs. Toutefois, on y a quelques beaux souvenirs d’après-concert : Tin Machine, Alice Cooper, Bryan Ferry, Gorillaz, ce genre. Ce 11 novembre, pas l’ombre d’une figure amie (c’est rare), pas un musicien VIP local, pas un journaliste. Personne qu’on connaisse de la production. Chaud. Froid. Grâce à Verycords qui distribue en France “Now What ?!”, l’album le plus récent de Deep Purple, les passes avaient bien été glissés dans l’enveloppe avec les billets.

 

 

 

 

Il y a là un frigo à l’éclairage blafard ; on peut se servir. On se sert. Au bout d’une quinzaine de minutes d’interrogation passive dans les courants d’air, la mezzanine métallique, au-dessus de nos têtes, résonne de pas. On aperçoit quelques membres du groupe. Don Airey, premier à descendre l’escalier, se prête au jeu des selfies (tendance) et signe quelques autographes (à l’ancienne). Il sourit poliment lorsqu’on lui dit, en franglais et sans sous-titres, à quel point il est “formidable comme pianiste”, alors qu’il n’a pratiquement joué que du B3 ce soir-là. Une brune s’affaire et tournicote avec un dossier sous le bras. Un très grand type patibulaire, le manager certainement, déambule et éconduit un gamin qui a un paquet de photos à faire signer. Il ne montera pas l’escalier. Lorsque Don Airey s’apprête à regagner les loges, je me présente et lui demande si Ian Gillan, celui que je connais le mieux du groupe, est encore là. Gillan, qui s’est énormément donné durant ce concert, est déjà reparti à l’hôtel, mais Don propose que nous allions saluer les autres musiciens. Sur la passerelle, portant des jeans serrés et des blousons de cuir noir particulièrement bien coupés, il y a de belles femmes, un brin cougars, qui pourraient sûrement en raconter. Steve Morse, le guitariste, se met pratiquement dans le passage pour nous saluer. Il est aussi chaleureux que virtuose (ce qui n’est pas peu dire) et, constatant que mon fils Thomas m’accompagne, nous fait : “Waow, super, moi aussi j’aimerais bien que mon garçon vienne avec moi au concert. Il joue également de la guitare, mais trouve que ce que je fais est trop mou.” On rit, gentiment et avec lui, de ce gamin qui, quelque part, exagère un peu. Steve nous indique la porte de la loge commune et insiste pour qu’on boive un verre. On suit Don Airey et, devant la table qui sert de bar, on tombe nez à nez avec Paicey (Ian Paice, le batteur…), interviewé la dernière fois pour Rock&Folk au sujet de l’association caritative Sunflower Jam, et du concert-hommage à Jon Lord. Toujours sympathique et prêt à échanger, le batteur dont les perturbations occasionnées par le jeu (légendaire depuis qu’il en fait bénéficier une poignée de titres phare du hard rock, enregistrés à la hâte au début des années 70) s’apparentent au souffle d’une locomotive, montre le vin et se sert du whisky. Rock&Folk, toujours là, comme nous… Ah, Ian ? Ouais, il est rentré, il fait gaffe à sa voix. Hurler, comme ça, à son âge, ce n’est pas raisonnable (rires)… Demain, est un jour off, c’est pour ça que je m’autorise un verre ou deux (plutôt trois-NdA).” Plus tard, Ian Paice confirmera que le studio est booké pour le prochain album, à nouveau produit par Bob Ezrin, mais que “l’idée est de s’y retrouver sans plan précis, juste pour voir ce qu’il se passe. Si des titres arrivent, super. Sinon, on laisse tomber et on remet à une autre fois.” C’est avec Roger Glover qu’on va terminer ce passage d’une trentaine de minutes par les coulisses. Le bassiste, avec qui j’avais failli déjeuner lors de ma première rencontre avec le groupe en 1998 (il avait loupé son Eurostar…) a l’œil malicieux, comme sur les photos des pochettes des disques de Deep Purple. Roger est très cordial et on discute avec quelques-uns de ses amis dont Patrice Vigier. Luthier français réputé dans le monde, Patrice équipe de nombreux musiciens célèbres parmi lesquels Geezer Butler (Black Sabbath) et le bassiste de Deep Purple. Plaisantin, ce dernier affirme dans la conversation qu’il ne sait pas trop à quoi servent les cinq boutons sur sa basse Vigier, mais dit qu’elle a le son, ce que nous pouvons confirmer. Un verre plus tard, Roger blague à propos du fait que son groupe vient de bourrer le Zénith alors que, le même soir, U2 a rempli l’AccorHotels Arena (plus laid, comme nom, tu meurs une deuxième fois…) à Bercy. “On n’a pas le même public, conclut-il avant de se laisser aller, le Jack Daniel’s aidant : Jeune, je n’avais qu’une seule envie : devenir célèbre. Aujourd’hui, je suis comblé d’avoir réussi à rester moi-même. Je suis comme je suis.” A l’image de Deep Purple donc qui, s’il n’a pas décidé de mettre bas les marteaux, ne reviendra pas encore dix fois à Paris.

 

 

 

 

Alors oui, on y était, et drôlement contents en plus. Au concert d’abord, au milieu des gens, puis à discuter, backstage, avec ce groupe mythique et pourpre sur lui. Une fois dehors, on a salué Patrice Vigier et ses amis et j’ai prêté mon téléphone au gamin avec son paquet de photos. Au bout du compte, il a réussi à en faire parapher certaines par quatre membres du groupe sur cinq. Pas mal ! Il est venu spécialement de Russie et avait besoin de joindre sa petite amie parisienne. Par amour certainement, et aussi parce qu’elle devait l’héberger. 

 

 

 

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En ce qui concerne Deep Purple, des “nouveautés” paraissent régulièrement. Comme son titre le laisse entendre, le documentaire (augmenté d’un concert de Rainbow capté au Budokan à Tokyo en 1984) “The Ritchie Blackmore Story” (Eagle), disponible en DVD, Blu-ray et Edition Deluxe depuis le 6 novembre, est une méchante tuerie. En effet, le Corbeau, et c’est une première, a accepté d’y participer et d’évoquer le groupe qui l’a fait connaître.

A ceux qui auraient raté des épisodes, je rappelle que “A Hart Life” (Wymer Publishing-2011), un livre écrit par Colin Hart, tour-manager de Deep Purple et Rainbow, est un must read de folie (oui, pas moins). Presque aussi bon, “Getting Tighter / Deep Purple : 68-76” (Power Chord Press – 2008) est un bouquin rétrospectif quasiment indispensable signé Martin Popoff, grand spécialiste canadien de la chose métallique, à reflets violets notamment.

 

 

 

 

@copyright CTBK/Jérôme Soligny 11-2015  

 

 

 

 

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