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GIJSBERT HANEKROOT Gijsbert Hanekroot
“David Bowie, The Seventies”
à la galerie Stardust
6 questions à...

Gijsbert Hanekroot
“David Bowie, The Seventies”
à la galerie Stardust
6 questions à...

On ne va pas épiloguer. Moi surtout. Je n’ai pas posté sur Crueltobekind.fr depuis le mois de janvier. On sait tous pourquoi. Je fais vivre la page Facebook du site en postant une chanson de David Bowie par jour, mais je n’ai pas eu le cœur d’en faire plus. D’écrire sur la musique ailleurs que dans Rock&Folk. Je prie d’excuser ceux que j’avais sollicités, qui m’ont donné des interviews et à propos de qui je comptais écrire des articles. Ils ne perdent rien pour attendre. Ayant livré le manuscrit de mon prochain roman, j’ai deux semaines less busy avant d’entreprendre un autre énorme boulot qui va me clouer chez moi et m’emmener jusqu’à la fin de l’année.

 

 

Je reprends donc le “postage”, ici, à l’occasion de l’exposition “David Bowie, The Seventies”, de Gijsbert Hanekroot, à la Galerie Stardust (19 rue Notre Dame de Nazareth 75003 Paris). Parce qu’Alexandre Stanisavljevic est un ami et parce que ce photographe hollandais, assez peu connu en France, en plus d’être fabuleusement doué, est un vrai un chic type. Et moi, dans ce métier, les chics types, je ne les loupe pas.

L’expo se tient du 17 mai au 2 juillet et ira à Aix-en-Provence ensuite.

Gijsbert sera au vernissage mardi 17 mai, comme l’avait été Sukita il y a un peu plus d’un an. Oui, ce n’est un mystère pour personne, Alex est grand fan de Bowie et de ses photographes.

Gijsbert a un site bien fichu qui permet de tout savoir sur lui et notamment qu’il a eu énormément de plaisir à travailler dans les années 60 et 70 à une époque où l’ego des stars n’était pas surdimensionné. Gijsbert a ainsi pu photographier la plupart des pionniers du rock (Chuck Berry, Fats Domino, Jerry Lee Lewis…) et aussi les plus grands de la génération suivante : Eric Clapton, Marc Bolan, Bob Marley, les Rolling Stones, John et Yoko, Paul McCartney, Neil Young, Roxy Music, T. Rex et… David Bowie. De lui, tous les fans connaissent les célèbres photos du musicien avec le patch sur l’œil. On avait alors parlé d’un look pirate très étudié. Une fois encore, comme souvent avec David, la réalité était bien plus simple : ce jour-là, il avait de la conjonctivite et l’œil tellement rouge que, sans ce subterfuge, il aurait dû annuler la séance et le tournage de l’émission télévisée.

En 2008, Gijsbert Hanekroot a publié un splendide ouvrage récapitulatif de son travail dans le rock intitulé “Abba… Zappa”. Il est réellement magnifique et mérite amplement qu’on se jette dessus. C’est aussi à cette époque qu’il a repris son appareil, mais il ne photographie plus de rockers. Il est désormais porté sur les pays, les voyages et les gens qu’il y croise.

A la Galerie Stardust, l’ouvrage “David Bowie, The Seventies” sera disponible au prix de 20 €. Il rassemble une centaine de photos de Bowie, couvrant les années 1973, 1974, 1976 et 1978

 

 

 

6 questions à Gijsbert Hanekroot

 

J : Vous avez eu l’opportunité de prendre David Bowie en photo à plusieurs reprises, mais lors de votre première rencontre, vous n'avez pas sorti votre appareil...

 

Gijsbert Hanekroot : Absolument. C’était à Londres en 1972. J’étais aux studios AIR pour une séance avec Roxy Music qui enregistrait alors son deuxième album (“For Your Pleasure” – NdA). J’ai rencontré David au restaurant, mais je n’ai pas osé le prendre en photo, car j’ai eu peur de me faire virer du studio (rires). Ç’aurait été particulièrement impoli de profiter de la situation. Toutefois, j’ai trouvé que c’était très intéressant de parler avec lui, et pour être honnête, c’est la seule fois où nous avons échangé aussi longtemps. L’année suivante, je l’ai photographié en concert à Londres, à Earl’s Court (le 12 mai – NdA), et je me rappelle que ç’a été un spectacle incroyable. Ce qui amusant, c’est que je suis photographe, pas journaliste, et à l’époque, on m’avait demandé d’écrire quelques lignes à propos de ce show (Gijsbert m’a fait parvenir cette chronique dans laquelle il ne semble pas avoir été franchement emballé. Il stipule qu’il y avait quelque chose comme 18 000 personnes, que la moyenne d’âge du public ne devait pas excéder une quinzaine d’années, et que le son n’était pas terrible. A l’en croire, le spectacle était davantage dans la salle où la foule était en hystérie. Sa seule préoccupation, ce soir-là, était de se tenir le plus près possible de la scène pour prendre les meilleures photos. A noter que notre Claude Gassian national était également à ce concert, auquel il est allé en payant son voyage et sa place – au marché noir devant l’entrée — car à l’époque aucun journal de rock français n’avait jugé utile de l’envoyer spécialement à Londres – NdA). En 1974, je l’ai à nouveau photographié lors d’un tournage pour une émission de télévision à Hilversum, en Hollande. Il enregistrait “Rebel Rebel”. Je n’étais pas le seul sur le coup, il y avait là plusieurs photographes, mais il a été particulièrement sympa et disponible ce jour-là. Il a répété la chanson plusieurs fois, pour satisfaire le type qui s’occupait des lumières, les cameramen… Et il m’a laissé faire autant de photos que je voulais, ce qui serait totalement impensable, avec un artiste de son envergure, aujourd’hui. Je l’ai ensuite suivi à la conférence de presse et j’ai également pris des photos à son hôtel. Une figure dans le catalogue de l’exposition David Bowie Is, qu’on retrouve également en couverture de mon livre sur Bowie. Enfin, j’ai fait des photos live lors des tournées de 1976 et 1978.

 

 

 

J : A cette époque, les photographes avaient une latitude incroyable pour faire correctement leur boulot.

 

Gijsbert Hanekroot : Oh oui, pour les shows à Earl’s Court, j’étais pratiquement sur la scène à genoux devant lui. Forcément, le résultat est super (rires). A Hilversum, je l’ai trouvé ouvert et disponible, mais on sentait aussi qu’il avait besoin de se faire de la pub et c’était un peu un numéro de charme. Si l’artiste joue le jeu, les photographies sont meilleures. On devinait qu’il prenait du plaisir à être avec nous, mais à la fois, il est évident qu’il était déjà très professionnel.

 

 

J : Steve Schapiro publie également un très beau livre ces jours-ci…

 

Gijsbert Ghanekroot : Oui, il est clair que la demande pour les images de David Bowie n’a jamais été aussi importante. Quelqu’un qui ne l’a pris en photo qu’une fois peut-être beaucoup sollicité ! L’ayant shooté plusieurs, fois je le suis énormément aussi. Comme David changeait de photographe pratiquement à chaque pochette d’album, nous sommes plusieurs sur le marché (rires).

 

 

J : Etiez-vous fan de la musique de Bowie ?

 

Gijsbert Hanekroot : Je n’ai été photographe de rock que pendant quelques années et j’ai adoré la période Ziggy Stardust. Mais, pour être honnête, il n’était pas mon musicien préféré. Par contre, j’ai beaucoup aimé Lou Reed, les Rolling Stones, Bonnie Raitt, Creedence Clearwater Revival… J’ai vu le groupe de John Fogerty en 1970 à Rotterdam et j’ai adoré ce concert. J’aime beaucoup Neil Young aussi, pour qui j’ai réalisé une pochette.

 

 

J : David l’adorait également, il a pas mal écouté “After The Gold Rush” à sa sortie. Il prétendait que cette influence se ressentait sur “Hunky Dory”.

 

Gijsbert Hanekroot : Ah ? C’est fou… je ne savais pas ça.

 

 

J : Oui, on parle toujours de sa passion pour le Velvet Underground, mais ce n’était pas la seule. Vous avez donc arrêté la photo rock au début des années 80…

 

Gijsbert Hanekroot : Exact, lorsque les groupes punk sont arrivés, je me suis dit qu’il était temps que je passe la main (rires). En fait, dès mon retour chez moi après avoir photographié David Bowie en 1978, j’ai constaté que mes précédentes images de lui étaient bien meilleures et j’ai estimé qu’il était temps de passer à autre chose. Aujourd’hui, j’ai repris mon appareil, mais ce sont des paysages qui défilent devant l'objectif.@

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le site de Gijsbert Hanekroot

 

La page Facebook de la Galerie Stardust 

 

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