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LES DOGS Autour de
“Too Much Class...”
5 questions à
Catherine Laboubée

Autour de
“Too Much Class...”
5 questions à
Catherine Laboubée

Dans l’introduction de “Sacrebleu!”, le chapitre consacré à la France de Writing On The Edge”, j’ai écrit les lignes suivantes : “Je tiens également à préciser qu’au départ, j’avais envisagé de joindre à ce chapitre le grand article que j’ai rédigé sur les Dogs et Dominique Laboubée au décès de ce dernier en 2002, mais je l’ai finalement donné à Catherine, la sœur de Dominique, pour ‘Too Much Class…’, son formidable ouvrage consacré au groupe de Rouen, paru aux éditions La Belle Saison en 2013.” Depuis, il est arrivé à mes oreilles qu’un crétin ou deux, déplorant que je n’aie “pas parlé des Dogs” dans mon livre d’articles, sans avoir pris la peine de lire l’introduction du chapitre en question, m’allume en forum public. Ce n’est pas pour clouer, avec des pointes bon marché (même pas en inox, qui rouillent donc), le bec de ces pauvres gens, que j’ai décidé d’interviewer Catherine pour Cruel To Be Kind, à propos du livre qu’elle a consacré à son frère, le leader de la formation rouennaise parti bien trop tôt. Mais, tout simplement, parce que Catherine et “Too Much Class…” méritent bien un peu d’exposition supplémentaire. Vous trouverez en bas de cette page les liens pour en savoir plus sur son travail et se procurer cet ouvrage et ses autres.

Walk the dog, walk this way.

 

 

 

Cinq questions à Catherine Laboubée

 

J : Quand avez-vous éprouvé le besoin d’écrire ce livre ? Quelle a été la genèse du projet ?

 

Catherine Laboubée : Je ne sais pas exactement. Tout ce que je sais c’est que, de façon latente, je ne voulais pas que l’histoire de Dominique et de Dogs tombe dans l’oubli. Mais j’ai mis longtemps à me décider, car j’avais peur que, une fois le livre écrit, la page soit tournée… En fait, ce sont les demandes de plus en plus pressantes des fans qui m’ont poussée à prendre le taureau par les cornes et à me replonger dans mes archives. Quant à la genèse du projet, elle consiste surtout dans le rassemblement de documents. Certes, j’avais conservé tout ce qui concerne le groupe et cela faisait beaucoup de choses, car Dominique ne jetait rien. Tout était en vrac ! J’ai enfin pris mon courage à deux mains pour m’y plonger. J’ai donc commencé par trier dans les cartons, en mettant de côté ce qui, instinctivement ou pas, pouvait servir à élaborer une sorte d’album. La décision d’écrire, qui n’était pas encore prise à ce moment, est venue quand j’ai compris, au regard de tout ce que j’avais trié, que j’avais largement de quoi nourrir cette histoire : photos, papiers officiels, articles de presse, dessins, manuscrits, petits bouts de papier, cartes de vœux des Fleshtones ou Tony Platt (entre autres), papiers personnels… Beaucoup de documents inédits ! Parallèlement, j’ai établi la liste des personnes que je souhaitais interviewer, proches ou moins proches, et j’ai aussi lancé un appel aux témoignages. En effet, la proximité, réelle ou virtuelle, du groupe avec son public était telle que je voulais donner la parole à tout le monde, musiciens, famille, amis, fans et anonymes… Je ne pouvais faire autrement pour respecter l’esprit de Dogs. Et j’ai été servie, car beaucoup m’ont répondu et m’ont envoyé qui photos inédites, qui témoignages plus ou moins détaillés. Tout était passionnant et presque tout a été publié, parfois avec quelques coupures obligatoires pour “garder le rythme”…

 

J : Quelles difficultés avez-vous rencontrées lors de l’élaboration de l’ouvrage ?

 

Les principales difficultés sont venues de moi, de ma réticence à boucler le manuscrit tant j’avais peur que le dernier mot écrit soit une sorte de “fin”, la fin de quelque chose… Mais je m’étais engagée, il fallait aller jusqu’au bout. Une autre difficulté, toute relative celle-là, est venue aussi des refus de témoigner de certains, pour des raisons très diverses dont la principale était d’ailleurs la charge émotionnelle que beaucoup ressentent encore quand il s’agit de parler de Dominique. Même avec des très proches, dont quelques-uns ont su heureusement pour moi surmonter leur peine, ce n’était pas partie gagnée… Mais j’ai respecté leur choix, c’était important aussi, et signifiant… Par ailleurs, l’écriture elle-même, malgré quelques témoignages arrivés tardivement qui m’ont obligée à “jongler” avec le manuscrit définitif, n’a pas été un problème : j’ai rédigé le livre en deux mois et demi… Et j’ai eu la chance de collaborer avec un maquettiste hors pair, Alexis Bouzidi, qui est aussi graphiste et qui a fait de ce livre, car je tenais à ce qu’il en soit ainsi, un bel objet, richement illustré.

 

 

J : Auriez-vous souhaité qu’un “gros” éditeur se greffe au projet ?

 

Ah que oui, j’aurais bien aimé ! Cela aurait permis que ce livre soit connu de tous, ce qui est encore loin d’être le cas, et j’aurais pu bénéficier d’une diffusion et d’une distribution dignes de ce nom, ce que je n’ai pu m’offrir. “Too Much Class…” n’a pas encore, j’en suis persuadée, atteint tous ses lecteurs potentiels… Malheureusement pour moi, aucun de ceux, gros ou moyens, avec lesquels j’ai pris contact, n’était intéressé par le projet tel que je le concevais. Tous m’ont proposé de publier un livre “ordinaire”, au format “ordinaire”, avec tout au plus une dizaine de photos sur mauvais papier et… sans garantie de droits d’auteur avant la vente d’un nombre plus que conséquent d’exemplaires… J’ai donc renoncé et j’ai publié ce livre moi-même, créant pour cela ma propre maison d’édition. Je voulais que le seul livre qui existerait sans doute sur Dogs soit un album où tous, amis et fans, pourraient retrouver leurs repères avec des images emblématiques et faire des découvertes à chaque page avec des documents inédits. Je voulais que ce livre soit l’occasion de retrouvailles, en quelque sorte, entre le groupe et ceux qui le suivaient de près, et qui continuent ! La belle surprise est que ce livre a aussi été lu par quelques personnes qui ne connaissaient pas le groupe et qui ont ainsi appris à le découvrir.

 

J : Dominique était-il un lecteur d'ouvrages sur les groupes et les musiciens ? Avez-vous des souvenirs de lui en tant que lecteur ? Quels étaient ses auteurs préférés ?

 

Oui, Dominique lisait beaucoup, et aussi sur les groupes et les musiciens. J’ai encore toute sa bibliothèque à ce sujet et c’est impressionnant. Et mon souvenir de lui en tant que lecteur est l’image de quelqu’un qui lisait tout le temps, comme moi : nous avons été très mal élevés dans la famille ! Quant à ses auteurs préférés, que dire ? C’est tellement vaste et tellement éclectique ! Si l’on s’en tient à une liste non exhaustive et pas hiérarchisée pour un sou : Barbey d’Aurevilly, Flaubert (“Bouvard et Pécuchet” en particulier), Stephen King, Jean Lorrain, Maupassant, Graham Masterton, Goscinny, Huysmans, et pas mal d’autres… N’oublions pas Franquin et son Gaston Lagaffe (né lui aussi en 1957…).

 

J : Quel sera le thème de votre prochain livre ?

 

Je termine actuellement “Le Prisonnier de la Tour”, une biographie de Robert Courte-Heuse, fils aîné de Guillaume le Conquérant malmené jusque-là par l’Histoire et qui mérite bien, sinon une réhabilitation, au moins une petite mise au point. Eh oui, “en vrai”, je suis historienne et même médiéviste ! En 2015, paraîtra “Les Enfants de la guerre”, une suite de petites histoires de gens ordinaires dans la Normandie de l’occupation, à partir de témoignages recueillis au fil du temps. Enfin, deux autres projets (oui, je suis éclectique et j’aime ça !) : l’édition “décalée” du carnet de recettes rédigé au début du XXe siècle par la cuisinière d’un manoir, membre d’une “dynastie” de domestiques dont l’histoire est passionnante ; la coécriture, en cours, des mémoires d’un aventurier-cycliste normand, qui sillonne le monde depuis plus de vingt ans pour développer des projets d’entraide.*

 

 

 

Le site Web de Catherine Laboubée

Le site Web des Editions La Belle Saison

  

 

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