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MARKUS KLINKO FOCUS
Markus Klinko
“Bowie Unseen”
à la Galerie Artcube
7 questions à...

FOCUS
Markus Klinko
“Bowie Unseen”
à la Galerie Artcube
7 questions à...

C’est décidément un joli mois de mai pour David Bowie à Paris puisqu’en plus de l’exposition de Gijsbert Hanekroot à la galerie Stardust, la galerie Artcube (9 rue de Furstenberg 75006 Paris) donne à voir, du 26 mai au 25 juin, dans le cadre de “David Bowie Unseen”, des photos prises en 2001 par Markus Klinko.

 

 

Ex-musicien classique, Markus Klinko n’était “que” photographe de mode lorsqu’il a pris les photos de la séance pour la pochette de “Heathen” et celles qu’on a pu voir, notamment, dans le magazine GQ et dans Rock&Folk en 2002. Comme il l’explique lui-même ci-après, le virage qu’a pris sa carrière ensuite est essentiellement dû à Iman et David Bowie. Je précise également que la pochette de “Heathen” (et des singles extraits) est une collaboration entre Markus, Indrani, le designer Jonathan Barnbrook et le styliste GK Reid.

 

 

7 questions à Markus Klinko

 

J : Comment a eu lieu la prise de contact avec David Bowie ?

 

Markus Klinko : En fait, c’est Iman qui m’a contacté au départ, en 2001. J’étais photographe débutant et elle avait vu mon portfolio. Elle est passée à mon studio et m’a vaguement expliqué que David l’aidait pour le choix des photographes. Après la séance, lorsqu’elle est venue choisir les photos, il était là également. Je l’ai donc rencontré pour la première fois et il m’a dit avoir énormément aimé ce que j’avais fait avec Iman. Tout en sélectionnant les images, il m’a raconté qu’il travaillait sur un album et que, si ça m’intéressait, je pourrais éventuellement faire la photo de couverture etc. Juste après ça, il y a eu les événements du 11 septembre et donc une pause. Puis, en octobre, il m’a téléphoné, lui-même, comme il le faisait lorsqu’il avait quelque chose à demander à quelqu’un, et je suis passé au studio Looking Glass. Tony Visconti était là aussi, en train de mixer le disque.

 

 

J : Avez-vous été impressionné ?

 

Markus Klinko : Oui, et j’ai un souvenir précis de ce moment : alors que je commence à écouter l’album, Bowie s’assoit à une fenêtre et je le vois, là, en train de fumer. Dans ma tête, aujourd’hui encore, c’est une image vraiment incroyable. Et, dans ce contexte, j’entends “Heathen” pour la première fois… Ça m’a super inspiré. Après tout est allé très vite, on a shooté deux jours plus tard, il était pressé.

 

 

 

J : Vous a-t-il laissé diriger la séance ou avait-il des idées précises ?

 

Markus Klinko : En vérité, il a tout préparé. La veille du shooting, il est revenu chez moi pour en parler davantage, et il a apporté des livres de Man Ray. Il avait même fait des selfies chez lui pour me montrer. D’un côté, il avait très bien défini la couverture de “Heathen” dans sa tête, mais de l’autre, il était ouvert à toutes les suggestions. Dans l’exposition “Bowie Unseen”, je montre des moments très improvisés. Notamment les photos avec le télescope, celles où il déchire le livre. La séance s’est passée très rapidement, sans qu’on ait vraiment besoin de trop parler. Il était très intuitif, j’ai pris trois ou quatre photos de chaque idée, guère plus… Il était très préparé et on a fait de nombreuses variations pour qu’il ait le plus grand choix possible. C’était quelqu’un de très précis. Lorsqu’il a eu le sentiment que tout était dans la boîte, ç’a été extrêmement relax, que du plaisir (rires).

 

 

J : En tant que photographe de mode, vous aviez surtout travaillé avec des mannequins…

 

Markus Klinko : Oui, c’est une des premières célébrités avec qui j’ai travaillé. Ayant mis un terme à ma carrière de musicien à cause d’un accident, je n’avais pas trop envie d’en photographier d’autres. Lorsqu’Iman m’a sollicité, c’était vraiment l’esprit photo de mode, les célébrités sont venues ensuite.

 

 

J : Que pensez-vous de David Bowie en tant que sujet ?

 

Markus Klinko : Il était super. C’était impossible d’avoir un mauvais angle de David Bowie ! Et aussi, ce que j’ai trouvé dingue, c’est qu’à l’époque, je ne photographiais que des mannequins, jamais des hommes et jamais en noir et blanc. Avec lui, j’ai fait exactement le contraire ! Quand je lui ai dit que ça n’était pas mon truc, il m’a répondu : “Mais justement, tu vas faire ça très bien !” C’était une technique de Bowie : s’arranger pour que les gens s’impliquent énormément et donnent le meilleur d’eux-mêmes. Il adorait entendre l’opinion de ces collaborateurs et ne voulait surtout pas qu’on le flatte bêtement

 

 

J : Il vous a mis en danger en somme…

 

Markus Klinko : Exactement. Il aurait pu faire appel à n’importe qui pour cette pochette, aux plus grands, à des gens comme Steven Meisel… Après ça, tous les labels m’ont appelé et c’est ainsi que je me suis retrouvé à photographier Beyoncé, Mariah Carey… C’est vraiment grâce à Iman et à lui.

 

 

J : Vous avez également travaillé sur le clip de “Valentine’s Day” en 2013…

 

Markus Klinko : Oui et là encore, il était très à l’écoute des avis. A l’origine, il avait un concept très différent, basé sur le film “L’étrange histoire de Benjamin Button”. L’idée de base était qu’il devienne de plus en plus jeune dans la vidéo. Mais en fait, ce n’était pas évident à réaliser, surtout avec un budget de clip assez limité. Ça n’aurait pas rendu super à moins de dépenser des centaines de milliers de dollars en post-prod… Je lui ai donc conseillé quelque chose de très sobre, d’autant qu’il venait de faire des clips très théâtraux, celui de “The Next Day” notamment. A la fois, le Bowie de 2013 était moins relax qu’en 2001. Il était très dans le contrôle de ses capacités, de son énergie.

 

 

J : Ça reste donc une bonne expérience pour vous…

 

Markus Klinko : Oui, Bowie était tellement photogénique. Les photos de Hanekroot à la Galerie Stardust sont sublimes. J’adore aussi celles de Mick Rock. Je suis moins fan des images des années 90, mais j’aime énormément celles des 70’s et des 80’s, lorsqu’il était blond. J’adore aussi les clichés de lui quand il était très jeune, avant d’être célèbre.

 

 

J : Oui, certaines prises sur le toit chez Ken Pitt, à Londres…

 

Markus Klinko : Elles restent incroyablement modernes…

 

 

J : Dernière question : étiez-vous fan de la musique de Bowie ?

 

Markus Klinko : Oui, mais je le suis devenu davantage depuis que je l’ai photographié. Avant, je connaissais surtout les tubes que j’écoutais lorsque j’étais ado, dans les années 70. En fait, aujourd’hui, je découvre des choses sur sa carrière, au fur et à mesure.@

 

 

Le site de Markus Klinko

 

La page Facebook de la galerie Artcube

 

 

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